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Pour Pierre Gattaz du Medef, le Vieillissement de la population représente une filière d’avenir (20/09/2016)

Dans une interview à la Matinale de France Culture ce matin, Pierre Gattaz, Président du Medef, présentant l'initiative Le vrai débat a parlé à plusieurs reprise du vieillissement de la population. Tout en en soulignant son impact sociétal, Pierre Gattaz a insisté sur l'opportunité économique que le vieillissement de la population réprésente pour les entreprises et qu'à ce titre c'est une filière d'avenir. C'est une conviction que nous partageons chez Seniosphère Conseil depuis maintenant 10 ans et que nous avons partagé avec nos clients dans de nombreux secteurs d'activités. L'époque des stratégies dites Seniors s'adressant à tous les plus de 60 ans est révolue. Saisir l'opportunité du vieillissement est devenu de plus en plus complexe avec l'arrivée des Baby Boomers à l'âge de 60 ans et maintenant de 70 ans.

Extrait de l'interview de Pierre Gattaz dans l’émission de Guillaume Erner

 Guillaume Erner. « Laurence Parisot a déclaré hier qu’il y avait peu d’idées à droite… comprenez qu’il y en avait plus à gauche, est-ce aussi votre sentiment ? »

Pierre Gattaz « Je crois que ce qui manque à droite et à gauche depuis trente ans, les fameuses trente piteuses de Nicolas Baverez, que nous vivons encore malheureusement, c’est une vision. Une vision enthousiasmante et conquérante pour la France. On est tout le temps pris dans des crises, on nous parle de précipice, de danger, etc… Et je crois qu’il faut montrer qu’il y a des mutations dans le monde, qui fonctionnent aujourd’hui, qu’il faut prendre et qui sont des opportunités de croissance, d’emploi, de bien-être, de pouvoir d’achat, pour nos compatriotes. Les mutations, c’est le numérique, c’est la mondialisation de l’économie, c’est le climat, l’énergie, c’est tout ce qui est filière d’avenir, la santé, le vieillissement de la population, tout ça ce sont des services, des produits, des systèmes à inventer, à créer. »

Marie Viennot « Pour revenir à cette question de trop de prélèvements obligatoires, qui va rester stable en 2017 : 44,5% du PIB, même si cela nous place en tête dans le monde […] Est-ce que vous pensez vraiment que ça a un sens de nous comparer à d’autres pays, alors que ces autres pays, je pense notamment aux Etats-Unis ou à l’Allemagne, ont transféré certaines dépenses sociales au privé, par exemple pour s’assurer pour sa maladie on ne passe pas par les caisses de l’Etat, mais on passe par des assurances privées, donc bien sûr cela diminue les taux de prélèvements obligatoires, mais ce sont des prélèvements qui sont quand même obligatoires pour les ménages puisque de toute façon ils doivent payer pour leur santé. »

« Je crois qu’il faut repartir de la base, la base, c’est que nous avons 10% de chômage, et qu’il y a des mutations en cours, notamment le vieillissement de la population. Donc vous avez un modèle social qui a fonctionné en France, mais qu’il faut revoir, parce que si nous vivons jusqu’à 80 ans, 90 ans, 100 ans […], l’idée c’est de trouver des mécanismes qui soient durables. Or aujourd’hui, il y a malheureusement un emploi salarié qui stagne, il y aura de nouvelles façons de travailler, l’ubérisation de l’économie c’est une réalité partout, nous aurons des travailleurs indépendants, nous aurons des salariés, il faut donc revoir comment tout le monde, tous nos compatriotes auront une façon… peut-être une retraite à points, peut-être de l’assurance à points, le CPA (compte personnel d’activité) va dans le bon sens, qui permet d’associer à un individus des droits à la formation etc… Moi je suis pour ce genre de choses.

Donc à la fin du compte c’est pertinent de comparer parce que quand vous exportez dans un monde ouvert – ou alors vous fermez toutes les frontières et vous votez Front National – vous vendez, vous exportez partout, donc vous êtes en concurrence sur le coût du travail avec les Allemands, les Suisses, les Anglais, déjà l’Europe. »

 2e partie de l’émission

« Je crois qu’il faut absolument continuer de parier sur l’entreprise, parce qu’il faut aller chercher de la croissance pour la France. Elle où cette croissance ? Elle est dans le monde qui est à équiper. Vous savez, quand je voyage dans le monde, je vois des Chinois qui me disent : mais vous êtes où les Français ? On vous adore, vous êtes pas là. Les Africains, pareil. Donc vous avez déjà des potentiels de croissance incroyables dans le monde. Deuxièmement, tout le futur est à inventer. Tout ce qui est les filières d’avenir : la santé, la sécurité, le vieillissement de la population, l’agroalimentaire, le tourisme, c’est de la croissance. Pour créer de l’emploi il nous faut de la croissance, fondamentalement. Je crois que ceux qui génèrent de la croissance, c’est l’entreprise. »

 Guillaume Duval : « Ce qu’on constate dans la crise aujourd’hui, c’est que la situation des seniors en particulier s’est beaucoup dégradée, c’est le chômage des plus de 50 ans qui a triplé depuis l’avant-crise, c’est un des résultats des réformes des retraites que vous appelez de vos vœux, mais ce qu’on constate c’est que les entreprises veulent toujours autant se débarrasser des seniors et ne veulent pas les embaucher quand ils sont au chômage […]. »

« Sur les seniors, moi je suis absolument pour que les seniors apportent du savoir-faire, du savoir-être, de la sagesse, de l’expérience. C’est fondamental qu’on arrive progressivement à beaucoup mieux utiliser nos seniors, par rapport aux jeunes populations qui eux apportent l’utilisation des outils internet, des smartphones, etc. Donc je crois qu’en effet il faut réfléchir à un système, et je crois que beaucoup de sociétés le font, de faire des binômes entre des seniors qui font plus de pédagogie, plus d’enseignement, qui accompagnent, qui font du binômage, qui peuvent prendre des apprentis. »

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